Europe et intelligence artificielle : les grands chantiers de 2018, 2019….

le 5 avril 2018

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Alors que l’Europe connaît une forme de rejet — qui se rapproche de nous — à coup de populisme, de montée des indépendantismes et des régionalismes, il apparaît plus que jamais indispensable d’expliquer que dans tous les domaines, l’Union européenne est vitale face à l’Amérique de Trump (et de ses successeurs), à la Chine de Xi Jinping (quand il en aura un), à la montée en puissance économique et démographique de l’Afrique, qui nous surprendra sans doute encore plus rapidement que ne le fit celle de l’Asie… Bien sûr il y a l’économie et la Défense auxquelles chacun pense spontanément. Il y a aussi la santé, dans ses deux grandes composantes, l’alimentation et les soins. Pour ce qui nous concerne, les dispositifs médicaux. La nouvelle réglementation européenne en ce domaine commence à « entrer dans les mœurs ». Elle va dans le sens d’une plus grande protection des patients et des usagers que nous sommes ou serons tous. Elle n’ira pas sans contraintes – en particulier administratives — pour les industriels et les distributeurs. La tendance à aller vers plus de sécurité, de meilleur équilibre-bénéfice-risque au profit du premier, de protection des données personnelles sera d’autant plus forte qu’elle sera communautaire. Il ne s’agit pas pour l’Europe d’aller vers la protection sociale du plombier polonais, mais plutôt vers celle que nous connaissons en France ou en Allemagne.

L’intelligence artificielle est, comme la langue d’Ésope il y a plus de 2500 ans, la pire et la meilleure des choses.
La pire, non pas quand elle remplace des emplois répétitifs et peu valorisants, mais quand elle décide de ce qui est bien pour nous, quand elle ne respecte pas la vie privée dans ce qu’elle a de plus intime : la santé et la qualité de vie, différente dans sa perception pour chacun d’entre nous.

La meilleure, lorsqu’elle permet une qualité de soins encore plus précise, une anticipation sur les affections à venir, lorsqu’elle compense un handicap, réduit une dépendance, aide au diagnostic le plus juste possible. Elle ne va pas tout résoudre, ne rêvons pas trop, ça tournerait au cauchemar, mais peut participer à une amélioration considérable de la santé physique et mentale. Encore faut-il savoir ce que nous voulons et à quel prix. Question fondamentale alors que la plupart des dispositifs médicaux dopés à l’intelligence artificielle ne sont sans doute pas encore inventés.

PASCAL SELLIER

pascal.sellier@hygiepresse.com